Avec l’aide d’un moteur de recherche Internet, Rachid Ouramdane a souhaité traverser les différentes formes de représentations de la mort qui trame la toile de l’Internet. Il a confié la dramaturgie de cette nouvelle pièce à la logique hypertextuelle de l’Internet qui produit une narration non linéaire. A l’intérieur de ce voyage sur le net, nous rencontrons au travers des digressions du moteur de recherche des sujets aussi différents que la peine de mort appliquée aux mineurs aux Etats-Unis, les attentats suicides de jeunes musulmans, l’esthétique gothique chez les jeunes comme une esthétique contestataire, les nouvelles formes de suicide sur Internet etc… L’interprétation de la danse s’appuie sur une série de transformations du corps en scène qui, tel un CD réinscriptible, se recompose en fonction du flux d’informations qu’il a reçu au cours de ces recherches. Il y a à la base de ce projet, une méfiance à l'égard de ceux qui sans cesse vous disent ce dont a été fait le passé et vous confisquent votre appréhension de l'histoire. Il y a à la base de ce projet un sentiment de suspicion à l'égard de l'Histoire officielle. Un sentiment que portent en elles de nombreuses personnes issues d'une culture qui fut colonisée, personnes qui se sont ensuite construites dans le métissage de deux cultures qui n'en est ni la somme ni l'espace intermédiaire mais réellement une troisième entité. Il y a à la base de ce projet, la confrontation d’histoires singulières face à l’histoire des hommes. Il y a à la base de ce projet l’envie d’utiliser l’Internet comme un confident qui retourne des juxtapositions aléatoires crues et franches permettant un dialogue entre soi et son ordinateur sans hypocrisie et sans jugement, en tout cas pour l’un des deux partis. Il y a à la base de ce projet l’utilisation d’un moteur de recherche comme le miroir déformant d’une fête foraine dans lequel on essaye quand même de se reconnaître. Rachid Ouramdane La pensée de Rachid Ouramdane se construit autour d’un va-et-vient incessant qui va de l’autobiographie à l’histoire par la technologie. Il se définit lui-même comme une surface réinscriptible, un écran plasma où l’organique se mêle intimement au technique. Traversé par une culture métissée dont il est héritier, son corps devient le support d’une histoire qui, dans le monde contemporain, se célèbre dans l’ubiquité du temps présent, à travers la figure du moteur de recherche et de ses sédimentations intertextuelles. Paradoxalement, via la technologie, Rachid ressaisit des modalités de représentation intemporelles de la trace auratique comme pour conserver une image vraie, une empreinte corporelle qui se maintiendrait à distance. Hervé Thoby, artiste plasticien |
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