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<<< GENS DE GENNEVILLIERS II >>> Le rire est le propre de Stéphan Quand il parle Stéphan, « sans e », saute du coq à l’âne. Comme sa vie. Comme sa famille d’origine à la fois bretonne, normande et espagnole. Ce qui ne l’a pas empêché de naître dans les Bouches-du-Rhône au hasard des affectations de son père, un militaire. L’école ? « Ca m’emmerdait ». En cinquième, il a deux ans de retard, on l’oriente vers le technique, il veut faire menuiserie, pas de place, on le met en mécanique, « ça n’a pas marché ». Un an de retard de plus, il lâche prise. Enchaîne les petits boulots. Part à l’armée en revient « pas plus homme qu’un autre ». En 1992 son père est muté à Carrières sur Seine. Stéphan a 24 ans (il est né en 1968), il trouve du boulot au Mac Do de la Défense, fait d’autres fast food, des contrats de trois mois. Dix ans plus tard le voici à Asnières. Il y est toujours, il habite chez son frère. Stéphan « sans e » (une lubie de sa mère) a été embauché dans une boite en octobre 2007 avec peut-être au bout un cdi. «Je suis aide-magasinier, j’emballe des colis avec des pièces métalliques, de temps en temps je prépare les commandes, il suffit de savoir le français ». Et il le sait le français. Au « Bar des amis » en face du « T2G » où l’on se rencontre, le voici qui susurre en s’agitant sur sa chaise : « A peine nous sortions des portes de Trézène, Des alexandrins de Racine ! D’où cela vient-il ? « A dix ans, je regardais « Au théâtre ce soir » à la télévision, je serinais mes parents pour rester devant le poste. Je voulais être acteur de théâtre. J’étais attiré par la parole, le texte que l’on sait par cœur ». Ce désir reste enfoui, Stéphan l’oublie. Il resurgit plus tard passé l’année 2000. « À Gennevilliers, j’ai participé à des séances de formation de “Techniques de recherche d’emploi”. Je faisais le fanfaron pendant les séances, je racontais des blagues à deux balles. » Les blagues, c’est son truc. Gilles Verdure qui les encadrait lui propose de faire du théâtre. Il le met en relation avec la compagnie Incarnat. Il participe à des séances où chacun écrit ce que bon lui semble, « un écrivain public » en fait un tout. « J‘ai parlé de mes problèmes sur le marché du travail, pourquoi il n’y en avait pas pour moi. » Plus tard il participera à l’atelier des habitants de Christian Esnay. Des spectacles amateurs joués en appartement. Dans Hamlet son copain Jean-Louis et lui font Rozencrantz et Guildenstern. Dans Phèdre il fait Théramène dont il connaît encore par cœur le long récit. « Je ne mange pas de poisson mais j’ai de la mémoire. Et Rambert est arrivé. « Quand il a mis en place les ateliers d’écriture, j’y suis allé. » Il y va régulièrement. « Des fois j’écris et d’autres pas. Des textes fantaisistes pour faire rire ». A l’issue des séances d’écriture, ceux qui le veulent disent leur texte. « J’ai attendu quatre ou cinq séances avant de lire ». L’acteur a repris le dessus. Stéphan apprécie les ordinateurs en accès libre, ceux reliés au piano de l’installation de Céleste Boursier-Mougenot dans le hall du Théâtre. « Je quitte à 17h15, je prends le 177, je m’arrête souvent. Je regarde ma boite mail, chez moi, je n’ai pas d’ordinateur ». Est-ce sur le net qu’il trouve ses blagues ? Il en a toujours une nouvelle à raconter. |
