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Marie Darrieussecq, Arthur Nauzyciel [3-8 février 2011] Le Musée de la mer Parce qu’ils ont en commun l’Islande, les fantômes, les histoires de famille, les voyages au bout du monde visible ou invisible, le metteur en scène Arthur Nauzyciel a demandé à la romancière Marie Darrieussecq d’écrire sa première pièce. Elle lui a écrit Le Musée de la Mer. CHRONIQUE VIDEO"Chronique islandaise de la mise en scène du Musée de la mer, pièce de théâtre écrite par Marie Darrieussecq et mise en scène par Arthur Nauzyciel. Une pièce sur la fin du monde et la crise, filmée avec des armes de crise : un téléphone portable et un simple enregistreur de sons." REPORTAGES TV
À PROPOS Liz et Will se réfugient chez May et Man. Ils arrivent, avec leurs deux enfants, d’une ville assiégée, et ils n’ont plus d’essence. C’est la guerre. May et Man vivent près de la côte, ils essaient de maintenir leur Musée malgré les restrictions. Il leur reste quelques poissons, un poulpe et une « chose », Bella, qui est peut-être une sirène, peut-être un veau marin ; un objet vivant non identifié qui est peut-être aussi un fantôme. Bella est belle et elle bêle, Bella est monstrueuse et pleure comme un bébé. May et Man, sur cette bande-son, essaient de rester neutres, à cultiver leur jardin, malgré les milices locales. Mais les bombardements se rapprochent, et Will et Liz, ou leurs enfants, apportent aussi la guerre.
Après deux spectacles présentés à Reykjavik depuis 2007, Le Malade imaginaire ou le silence de Molière (Molière/Macchia) et L’Image (Beckett), Arthur Nauzyciel a été invité par le Théâtre National d’Islande à y créer une mise en scène. Parce qu’ils ont en commun l’Islande, les fantômes, les histoires de famille, les voyages au bout du monde, visible ou invisible, il a demandé à la romancière Marie Darrieussecq d’écrire une pièce à cette occasion. Elle lui a écrit Le Musée de la mer. Etrangement, cette pièce « d’anticipation », conçue pour un public à venir, écrite en 2007, résonne fortement aujourd’hui alors que l’île est frappée par une crise sans précédent. Et ce qui semblait être alors une projection dans le futur s’avère aujourd’hui d’une terrible actualité.
ENTRETIENavec Arthur Nauzyciel Quels désirs président à ton travail sur le plateau ? Faire acte de résistance et de vie. Revendiquer le théâtre comme un art en soi. Quelles idées à l’origine de ce projet ? Le Théâtre National d’Islande m’offrait l’occasion de travailler avec des artistes islandais. Pour mon spectacle Ordet (La Parole), la romancière Marie Darrieussecq avait traduit le texte depuis le danois. J’ai pensé pouvoir faire avec elle le chemin inverse… Lui commander sa première pièce en français, qui après avoir été traduite en islandais serait créée pour la première fois dans une langue étrangère. Qu’est-ce que ça révèle ? Travailler dans une langue qui nous est étrangère, libère l’esprit et permet de prendre du champ. Et le résultat final est unique, puisqu’il est le fruit des rencontres qui se sont produites dans ce contexte. La place de cette pièce dans ton parcours ? L’occasion pour Marie Darrieussecq de se confronter à l’écriture d’une première pièce de théâtre. Pour moi, d’aborder la question du fantastique et l’anticipation sur le plateau en réponse à sa proposition d’un théâtre de genre. Ton urgence ou tes attentes à présenter ce travail aux spectateurs du T2G ? J’espère qu’une vraie rencontre va avoir lieu, à l’instar de celle qui s’est produite avec le public du CDN d’Orléans où la pièce a été présentée après sa création en Islande. Propos recueillis par Patrick Sourd
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