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Ryoji Ikeda [1–11 décembre 2010] test pattern [n°3] Ryoji Ikeda, figure majeure des musiques électroniques et des arts visuels japonais, qui a illuminé les nuits d’Amsterdam, de Barcelone, la Nuit Blanche à Paris 2008 (la colonne de lumière à la Tour Montparnasse, c’est lui !), installe ses noirs et ses blancs et ses sons dans le théâtre pour qu’on s’immerge ou s’allonge dedans.
À PROPOSRyoji Ikeda se concentre sur les composantes les plus infimes des ultrasons et des fréquences ainsi que sur les caractéristiques intrinsèques du son. Fasciné par les données, la lumière et le son, il façonne la musique, l’espace et le temps selon des méthodes mathématiques, tout en explorant ces phénomènes en termes de sensations. test pattern est un système qui convertit tout type de données (textes, sons, photos, films) en code-barres et en séries binaires de 0 et de 1. Par ce biais, le projet cherche à examiner la relation entre le seuil critique de performance du dispositif et celui de la perception humaine. Au Japon, le Yamaguchi Center for Arts and Media, a commandé une installation originale sur ce même concept dans le cadre de l’exposition personnelle d’Ikeda (mars-mai 2008) baptisée test pattern [nº1]. La Casa Encendida a commandé test pattern [nº2], une version sur deux grands écrans – un au sol, l’autre au plafond (avril 2010). Au Théâtre de Gennevilliers, test pattern [n°3] vise à couvrir l’espace théâtral du Théâtre de Gennevilliers avec des images de code-barres ultrarapides. Le sensorium visuel et auditif des visiteurs sera poussé à son paroxysme pour atteindre une nouvelle dimension dans le monde de la représentation binaire et incarner un véritable défi à la perception humaine. Dans le cadre de ce projet, le CD test pattern est sorti sous le label allemand Raster-Noton en février 2008. ENTRETIENQuels désirs président à ton travail sur le plateau ? Réaliser le défi de repousser le seuil des capacités de la perception humaine. Quelles idées sont à l’origine de ce projet ? Je voulais utiliser un théâtre pour concevoir une installation audiovisuelle de grande envergure, un projet difficile à finaliser dans nombre de lieux. Et c’est le T2G qui m’offre avec gentillesse la formidable opportunité de pouvoir le réaliser. Qu’est-ce que ça révèle ? La possibilité pour les visiteurs d’expérimenter la sensation d’une immersion totale dans une oeuvre artistique. La place de ces pièces dans ton parcours ? Difficile à dire, ce projet atteint un tel niveau de tension qu’il bouscule les frontières entre la musique, la performance, l’art visuel, la vidéo, le cinéma et l’architecture. Ton urgence ou tes attentes à présenter ce travail aux spectateurs du T2G ? Je n’ai juste qu’une seule attente…. Qu’il y ait autant de visiteurs que possible. Propos recueillis par Patrick Sourd
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