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Mathieu Bertholet [13-29 janvier 2011] L'avenir, seulement L’artiste suisse, Mathieu Bertholet fan d’architecture, de politique, de glam et de L.A., répète et crée au T2G sa nouvelle oeuvre. Il parle de Rosa Luxemburg, d’utopies, d’engagements, de politiques utiles et inutiles, de révolutions, de travailleurs en marche, de guerre et de chômage. Mais surtout de Rosa, d’une communiste, morte pour ses idées.
À PROPOSPour raconter Rosa Luxemburg, Mathieu Bertholet a écrit un texte composé de 488 fragments. 488 morceaux déliés de toute chronologie, dans lesquels apparaissent des bribes de Rosa. Ces 488 scènes, il les a données à ses acteurs, avec pour mission d’en choisir chaque soir quelques-unes à jouer. Et cela afin d’inventer un dispositif théâtral qui rejoue le sujet dont il traite : expérimenter à même la scène le principe d’autogestion prôné par Rosa Luxemburg, plutôt que seulement en parler. Une autogestion néanmoins cadrée par des règles formelles très fortes, qui prennent les allures d’une chorégraphie se déployant sur une immense et grandiose bande de jeu. Une Rosa par soir. A partir de la réalité s’inventent finalement des fictions, autant de fictions qu’il y a de représentations. Toutes sont Rosa. Aucune ne l’épuise.
ENTRETIENAvec Mathieu Bertholet Quels désirs président à ton travail sur le plateau ? Développer un vocabulaire physique et chorégraphique avec les acteurs pour faire apparaître une présence sensuelle des personnages sur le plateau. Ne faire intervenir le travail sur le texte qu’une fois cette étape aboutie. Quelles idées à l’origine de ce projet ? J’ai eu envie de questionner la crise économique d’aujourd’hui à travers les idées développées par Karl Marx dans Le Capital. Le personnage de Rosa Luxemburg est emblématique d’une certaine orthodoxie communiste, il m’est apparu très intéressant de rappeler son combat au moment où l’on parle de la fin du capitalisme. Qu’est-ce que ça révèle ? Comme auteur, je profite de l’avantage de n’avoir de compte à rendre à personne pour couper mes textes, les torturer, les rendre parfois inaudibles pour forcer l’attention des spectateurs…Pour que le jeu et la dimension très physique de mon théâtre autant que le sens véhiculé par mon travail d’écriture deviennent à parts égales visibles. La place de cette pièce dans ton parcours ? On peut parler d’une forme de continuité. Je pars de personnages ayant existé pour en faire les thèmes de mes créations. Je n’aime pas inventer des histoires… J’aime chercher la meilleure façon de les raconter. Ton urgence ou tes attentes à présenter ce travail aux spectateurs du T2G ? Je souhaite raconter l’engagement politique de Rosa Luxemburg mais aussi témoigner de situations vécues par les habitants de Gennevilliers face à la crise.. Propos recueillis par Patrick Sourd
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