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Nos images

Chorégraphié par et avec Mathilde Monnier et Loïc Touzé Textes écrits par et avec Tanguy Viel Lumière : Eric Wurtz Son : Antonin Clair Production : Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc-Roussillon

ON EN PARLE

icon Revue de presse

 

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Cindy Van Acker & Pascal Rambert, Mathilde Monnier - Publique

 

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Mathilde Monnier,
Tanguy Viel, Loïc Touzé
[26 – 30 avril] Nos images

Mathilde Monnier 2X au T2G : Nos images avec Tanguy Viel et Loïc Touzé autour du top ten du cinéma américain et français. Autour du top ten de nos imaginaires.


+ Publique [3-7 mai] sur la musique de PJ Harvey, une danse privée qui se montre en public sur les dance-floor.

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PHOTOS

Photos Marc Coudrais

à propos

En France, pour bien écrire sur le cinéma il faut avoir une certaine distance. Il faut avoir la tête froide. D'autant que, j'ai remarqué, on échoue à peu près toujours à parler de ce qu'on aime.
“On échoue toujours à parler de ce qu'on aime” est une citation de Roland Barthes, mais c'est aussi une précaution qu'on peut prendre pour s'excuser par avance de ce qu'on va dire. Même s'il ne faudrait jamais s'excuser de rien dans la vie, parce que c'est un signe de faiblesse.
“Never apologize, it's a sign of weakness”, comme disait John Wayne dans je ne sais plus quel western, en bon capitaine de la cavalerie américaine.
Mais moi ça m'est resté comme une devise, inapplicable, certes, mais une devise quand même “never apologize, it's a sign of weakness”, ce qui est particulièrement vrai dans la critique de cinéma, quand on aspire à la critique de cinéma, qui est un monde très exigeant, un monde où il faut savoir s'imposer, si je puis dire, avec virilité. C'est un autre point qu'il faudrait développer, la virilité à l'œuvre dans la critique de cinéma. Il y a beaucoup de cow-boys dans la critique de cinéma, beaucoup de petits John Wayne sans bien sûr l'envergure véritable de John Wayne mais disons, des allures de John Wayne.
Les critiques de cinéma sont les cow-boys de la pensée.
Je les imagine toujours descendre de cheval avec les jambes arquées, et entrer dans les salles de rédaction comme on entre dans un saloon, la main à la ceinture, prêts à dégainer sur tel ou tel film. Sauf qu'au lieu d'un revolver ils ont des phrases plein la bouche.
Tanguy Viel - extrait du spectacle Nos images

ENTRETIEN

Quels désirs président à ton travail sur le plateau ?

Plus que la danse elle-même, je travaille sur le mouvement. Mes pièces se jouent en miroir de ce que les spectateurs peuvent savoir de leur propre rapport au mouvement.

Quelles idées à l’origine de ce projet ?

Certaines pièces nécessitent du temps et n’apparaissent vraiment qu’au fil des tournées. C’est le cas de Publique qui a trouvé ainsi sa maturité et que j’ai très envie de montrer à nouveau. D’un autre côté, il y a Nos images, une pièce qui se rejoue presque entièrement chaque soir comme si elle interrogeait en permanence la forme de son écriture.

Qu’est-ce que ça révèle ?

J’aime travailler sur les frontières pour élargir le champ de ce que pourrait être la danse. Dans Publique, je me confronte, à travers la musique de PJ Harvey, au vécu du public, celui qu’a chaque spectateur de la danse dans les fêtes et en discothèque. Dans Nos images, à travers la réunion de trois artistes autour du thème du cinéma, c’est une certaine forme de jouissance née de cette rencontre que nous partageons avec le public.

La place de ces pièces dans ton parcours ?

Je vois plutôt mon travail comme un enchaînement de pièces que comme une suite de pièces séparées.

Ton urgence ou tes attentes à présenter ce travail aux spectateurs du T2G ?

Ça fait aussi partie de ma démarche d’essayer de voir comment mes pratiques de la scène peuvent faire lien avec les attentes du public. La rencontre d’un spectacle avec ses spectateurs questionne en permanence ce que je fais.

Propos recueillis par Patrick Sourd