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Cindy Van Acker, Pascal Rambert [25 mars-2 avril en alternance] Obvie / Lanx / Nixe / Obtus & Knockin’ on Heaven’s door "Le travail de Cindy Van Acker est à la fois brillant, simple, impeccable. Il fait du corps une matière plastique à sans fin remettre sur l'établi." Muriel Steinmetz - L'Humanité - 16 juillet 2010
"Knockin'on Heaven's door dit en chanson le métier en train de se faire, comment la discipline devient état de transe. Tamara Bacci démystifie les gestes de l'art, pour mieux nous ravir à l'improviste." Alexandre Demidoff - Le Temps - 27 mai 2010
4 soli et 4 films de Cindy Van Aker + 1 solo de Pascal Rambert, présentés en alternance [vendredi 25 – samedi 26 mars à 20h30] Knockin’ on Heaven’s door / Lanx / Obvie [dimanche 27 mars à 15h] Knockin’ on Heaven’s door / Film 1/6 d'après Obvie / film 2/6 d'après Lanx [mardi 29 à 19h30 – mercredi 30 mars à 20h30] Knockin’ on Heaven’s door / Nixe / Obtus [jeudi 31 mars à 19h30] Knockin’ on Heaven’s door / film 5/6 d'après Nixe / film 6/6 d'après Obtus [vendredi 1er et samedi 2 avril à 19h30] Lanx / Obvie / Obtus / Nixe
Obvie / Lanx / Nixe / Obtus Quatre soli construits comme des précipités chimiques. Quatre interprètes qui cherchent à scruter le vide créateur, à l’explorer, lui donner consistance par une présence liant indéfectiblement le mouvement à son contexte. Cette série est également le point de départ du projet filmique 6/6 réalisé par Orsola Valenti Knockinʼ on Heavenʼs door Un solo rock sur trois versions différentes de la chanson de Bob Dylan, conçu et chorégraphié par Pascal Rambert pour la danseuse suisse Tamara Bacci. Obvie Quelque chose dʼune évidence. Ce nʼest plus seulement un corps qui bouge, qui danse, que lʼon regarde – mais la génération du mouvement qui sʼexpose : ses variations, ses intensités comme un courant interne, une marée incessante. Les impulsions se fondent les unes dans les autres, déployant une grammaire très simple que lʼon déchiffre phrase après phrase. Les enchaînements, les variations, les changements de vitesse permettent dʼentrevoir le processus à lʼoeuvre, le chemin parcouru par chaque membre pour parvenir à son complet déploiement.
Lanx Un courant continu circule entre le corps et les motifs géométriques qui lʼenserrent. En équilibre sur les lignes, dépliant ses bords, ses arêtes, ses angles, jouant des perspectives qui se renouvellent, le corps sonde sa capacité à inscrire des formes dans un espace prédéterminé. Se transformant comme sous lʼeffet dʼune illusion dʼoptique, le décor se met à vibrer, à se transformer. Ce continuum aux dimensions variables dessine une géométrie relative, à lʼéchelle des sensations. Gilles Amalvi, pour les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis
Obtus Tout commence par une main. Viennent ensuite deux bras qui disent le vol, tête baissée. Marthe Krummenacher est lancée dans Obtus, solo qui porte bien son nom puisque la danseuse embraye avec lʼexploration obstinée dʼun rai de lumière. Méditation gestuelle, fluidité lente et continue, péril dʼune ligne corporelle qui trouve aux limites de lʼéquilibre sa plus belle expressivité : lʼex-danseuse de Forsythe déploie ici un mouvement dʼune précision et dʼune délicatesse infinies, jouant avec cette rampe de néons pour escamoter tout ou partie de son corps.
Nixe Pièce un peu plus narrative, Perrine Valli produit une énergie gestuelle qui dialogue avec lʼespace et la lumière. Et qui va jusquʼà fondre le corps dans ces éléments fluctuants. Interprète régulière de Cindy van Acker, la danseuse tourne, sereine, faisant vibrer un solo qui est surtout affaire de bras. Il faut parler du travail de volume et de matière que lʼéclairagiste Luc Gendroz a réalisé pour ces deux pièces (avec Obtus), perturbant les évaluations de profondeur, produisant des effets tapis volant, sʼamusant de disparitions au noir. Un travail galvanisant, auquel sʼajoute la création sonore de Mika Vainio, musicien dont les compositions électroniques portent littéralement les corps chorégraphiés ici. Michèle Pralong
Knockinʼ on Heavenʼs door Jʼai vu danser Tamara Bacci un soir à lʼADC de Genève en 2008. Je suis resté à la rencontre publique à lʼissue du spectacle et jʼai dit "Je vous trouve très belle en tant quʼartiste" et je suis parti. Plus tard jʼai reçu un email de Tamara Bacci qui disait "si un jour vous faites un workshop jʼaimerais venir". Jʼai répondu "cʼest plutôt moi qui ai quelque chose à apprendre de vous". Puis nous avons dîné un soir à Lausanne avec Cindy Van Acker et Tamara. Jʼai dit à Tamara "je veux écrire un solo pour vous". Elle a dit "ok avec plaisir". Jʼai dit "je veux que vous bougiez sur 5 différentes versions de KNOCKINʼ ON HEAVENʼS DOOR de Dylan. Je sais quʼil y a des versions de Guns Nʼ Roses, Bob Marley, Avril Lavigne, etc. Je veux du silence entre. Pour que vous bougiez différemment. Je veux quʼon imagine comment ça bouge différemment. Je veux des versions différentes du même corps dans le corps. Je veux voir le même corps différent. Je veux placer une guitare au centre et voir le corps autour. Dessus. Dessous. Je veux voir le corps accouplé avec la guitare. Je veux faire un accouplement corps dʼ « humaine » avec corps de guitare. Et entre : le fluide. La jouissance séminale des sons. Entre deux corps. Je veux montrer une Passion. Une Dévotion. Une dévotion pour un morceau. Un plaisir solitaire. Hummm." Tamara Bacci a dit "ok". Pascal Rambert
Les films 1/6 Dʼaprès Obvie - 2/6 Dʼaprès Lanx - 5/6 Dʼaprès Nixe - 6/6 Dʼaprès Obtus À chaque film correspond un univers très singulier : paysage de neige pour Obvie, gravière industrielle pour Lanx, forêt pour Nixe et carrière pour Obtus. Ces quatre opus sont ainsi des études sur le sol, sa résistance, sa couleur, son chant, sa variabilité, son effet sur la peau. Le son, quant à lui, se compose de celui des pièces originales ou dʼautres oeuvres musicales, tranquillement tressé avec le bruissement live de la performance filmée. Des nappes plutôt abstraites et hypnotiques, même quand un camion et son moteur traversent lʼimage. Voir un solo en live et ce même solo filmé est évidemment hautement recommandable. Par la réécriture cinématographique des soli, la réalisatrice Orsola Valenti a pénétré au coeur de chaque pièce pour en extraire un flux. Chaque film est une interprétation cinématographique unique du solo correspondant et fait appel à un traitement visuel et sonore spécifique, déclinant différemment lʼinteraction de lʼinterprète avec le décor qui lʼaccueille. Ainsi, cʼest un corps sans histoire, sʼimprégnant du temps, testant vitesse et immobilité, étirant et compressant les durées, appréhendant lʼespace par une prise de possession tactile et sensorielle que nous découvrons dans 1/6 dʼaprès Obvie; un corps réifié et réactif - poussé, tiré, retenu dans lʼespace où il se trouve comme égaré - animé par la succession perpétuelle dʼétats dʼéquilibre et de déséquilibre dans 2/6 dʼaprès Lanx ; 5/6 dʼaprès Nixe nous propose la relation sensuelle et onirique que la danseuse, maîtresse des lieux, entretient avec son milieu ; et, dans la mise en espace brute de 6/6 dʼaprès Obtus, cʼest un corps animé / animal qui sʼaffranchit progressivement du milieu minéral qui lʼentoure.
Avec CINDY VAN ACKER Quels désirs président à ton travail sur le plateau ? Je suis à la recherche d’un espace inconnu qui puisse être un endroit potentiel où s’ouvre l’imaginaire du spectateur. Quelles idées à l’origine de ce projet ? Ce projet est comme un livre qui se diviserait en chapitres. À travers ce travail, je voulais, dans un cadre très minimaliste, aller au plus loin dans la rencontre avec l’autre, pour expérimenter les conditions d’un vrai rapport d’intimité avec les interprètes. Qu’est-ce que ça révèle ? Qu’il y a nécessité de prendre le temps de mieux connaître l’autre. Qu’à travers la diversité de ces rencontres, j’ai pu mesurer le poids de chacun des interprètes et leur donner des outils pour mieux comprendre le sens du travail que je me propose d’élaborer avec eux. La place de cette pièce dans ton parcours ? Ces solos représentent un travail en profondeur avec les danseurs et sont une forme de fondation pour un nouveau travail de groupe. Il est important pour moi de penser une écriture chorégraphique au-delà des limites de la connaissance de mon propre corps. Ton urgence ou tes attentes à présenter ce travail aux spectateurs du T2G ? C’est après avoir vu Obvie, l’un de mes solos dansé par Tamara Bacci, que Pascal Rambert lui a proposé de devenir l’interprète de sa prochaine création. Ainsi elle est devenue un lien vivant qui réunit ces deux créations qui pourront être vues par un même public coup sur coup. Propos recueillis par Patrick Sourd
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