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Pascal Rambert [1-19 mars 2011] «16 ans» «16 ans » c’est du théâtre pour des adolescents fait par des adolescents avec des préoccupations d’adolescents : peur, timidité, désir, attente, incompréhension, revanche, méchanceté, désespoir, panique, inquiétude, tranquillité, désamour, amour, ennui. Des préoccupations de début d’êtres humains pour la première fois mises en jeu face au groupe.
À PROPOS« 16 ans » cʼest du théâtre pour des adolescents fait par des adolescents avec des préoccupations dʼadolescents : peur, timidité, désir, attente, incompréhension, revanche, méchanceté, désespoir, panique, inquiétude, tranquillité, désamour, amour, ennui. Des préoccupations de début dʼêtres humains pour la première fois mises en jeu face au groupe. A soi. Face au bien aimé ou à la bien aimée. Des premières verbalisations drôles et difficiles. Des gestes pas plus simples. Des groupes dʼadolescents ça ressemble à des bancs de poissons. Ça reste serré. Ça forme un grand corps mou et maladroit. Ça sent mauvais. Ça reste ensemble. Ce nʼest pas laid. Cʼest de la vitalité inquiète. Cʼest beau. Ici ça se retrouve le soir autour dʼun scooter. Ça parle. Ça sʼattrape. Ça se serre. Ça se repousse. Ça hurle. Ça rigole. Ça danse bizarrement. Ça pleurniche. Ça a des rêves. Ca se retrouve pour sʼembrasser avec la langue. Ça se retrouve pour répéter pour leur classe de français une pièce de théâtre pour le bac. Cʼest dʼaccord sur rien. Sur comment parler. Se tenir. Jouer. Interpréter. Ça arrive quand même à quelque chose. Ça a des idées et ces idées ne sont pas stupides du tout. Ça met en place un monde : le leur. Un début de nouveau monde fait par un nouveau début dʼêtres humains à leur début. — Pascal Rambert ENTRETIENavec PASCAL RAMBERT Quelles idées sont à l’origine de ce projet ? C’est une pièce que je fais avec des adolescents qui ne sont évidemment pas des acteurs. J’aime travailler sur ces parcelles d’authenticité qui parcourent une représentation mettant en présence des corps non préparés. C’est aussi un théâtre interdit aux plus de 18 ans. Je veux qu’il n’y ait que des ados dans la salle… Et il se passe ce qu’il se passe mais c’est quelque chose qu’ils vivent entre eux, sans la présence de témoins extérieurs à leur génération. Pourquoi des adolescents ? Les groupes d’adolescents, ça ressemble à des bancs de poissons. Ça reste serré. Ça forme un grand corps mou et maladroit. Ça sent mauvais. Ça reste ensemble. Ce n’est pas laid. C’est de la vitalité inquiète. C’est beau. Ici ça se retrouve le soir autour d’un scooter. Ça parle. Ça s’attrape. Ça se serre. Ça se repousse. Ça hurle. Ça rigole. Ça danse bizarrement. Ça pleurniche. Ça a des rêves. Ça se retrouve pour s’embrasser avec la langue. Ça se retrouve pour répéter pour leur classe de français une pièce de théâtre pour le bac. C’est d’accord sur rien. Sur comment parler. Se tenir. Jouer. Interpréter. Ça arrive quand même à quelque chose. Ça a des idées et ces idées ne sont pas stupides du tout. Ça met en place un monde : le leur. Un début de nouveau monde fait par un nouveau début d’êtres humains à leur début.
Propos recueillis par Patrick Sourd
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