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Historique

LE LIEU, LA VILLE Historique

En quelques dates

1934, construction de la Salle des Fêtes des Grésillons
1963, Bernard Sobel fonde l’Ensemble Théâtral de Gennevilliers (amateur)
1968, l’Ensemble Théâtral de Gennevilliers acquiert le statut professionnel
1983, Centre Dramatique National
1986, Réaménagement du Théâtre
2006, Pascal Rambert prend la direction du Théâtre de Gennevilliers, Centre Dramatique National de création contemporaine

1963-1983

De l'ensemble théâtral
 au centre dramatique national

Bernard Sobel s'est installé à Gennevilliers en 1963, soutenu dès le début et, pour un temps, exclusivement par la Municipalité,  C’est en effet en décembre 1963 que le maire communiste, Waldeck L’Huillier demande à Bernard Sobel de tenter l’implantation d’une troupe à Gennevilliers, encouragé par les expériences du même type en passe de réussir leur pari à quelques kilomètres de là (Aubervilliers) : c’est la naissance de l’Ensemble Théâtral de Gennevilliers.

Le choix d’un statut amateur, qui signifie pour l’Ensemble une pratique bénévole et limitée, a été voulu par Bernard Sobel : les comédiens répètent donc le soir, après leur journée de travail. En 1966 et 1967, la Municipalité organise un festival ; souvent en banlieue, les implantations ont commencé ainsi. A la même époque, une nouvelle formule est lancée : celle des week-ends mensuels qui visent, d’une part à engager un dialogue avec le public, et d’autre part à créer les conditions d’une activité régulière.

L’association Ensemble Théâtral de Gennevilliers est déclarée à la Préfecture de police le 1er avril 1968 : elle a pour objet « l’expansion de l’action théâtrale dans le cadre d’une décentralisation des activités artistiques ». La même année, Bernard Sobel obtient la licence d’entrepreneur de spectacle de troisième catégorie et crée une entreprise en nom personnel. Une fois ce statut professionnel acquis se pose la nécessité de créer, avec la municipalité, les conditions d’un financement de l’activité théâtrale de la compagnie.

Une convention est signée en 1968, dont l’objet est l’achat par la Municipalité d’une création par an à l’Ensemble, et en juin 1969, la Direction des Spectacles, Musique et Lettres du Ministère des Affaires Culturelles accorde pour la première fois à Bernard Sobel une subvention au titre de l’aide aux animateurs de compagnies théâtrales.
Homme pour homme de Brecht, en 1970, marque le premier vrai travail professionnel de l’ETG, mais il faut attendre la saison 1975-76 pour que le budget prévoie pour la première fois depuis 12 ans, la rémunération du directeur.

En 1977, l’Ensemble Théâtral de Gennevilliers, devenu un élément moteur de la vie théâtrale, un symbole de recherche et de rigueur, dont les échecs provoquent autant de passion que les réussites, lance un appel pour obtenir le statut de Centre Dramatique National, revendiquant les moyens d’assurer la permanence de son travail d’implantation et de création.
La question de l’institutionnalisation de l’ETG est posée en termes de responsabilité politique : une municipalité ne peut pas continuer plus longtemps à assurer seule la prise en charge d’une équipe de création.

Ce n’est qu’en 1981, alors que le Théâtre de Gennevilliers existe depuis plus de 15 ans, qu’est prise la décision par le nouveau ministre de la Culture, Jack Lang, de proposer à Bernard Sobel une mission de préfiguration de Centre Dramatique National, en vue de préparer sa création en 1983, mesure qui s’intègre plus largement dans une politique de relance de la décentralisation théâtrale.
Le Centre Dramatique National est inauguré le 22 janvier 1983 : « dix-neuf ans après son implantation à Gennevilliers, Bernard Sobel rejoint officiellement le mouvement de la décentralisation théâtrale ».

Bernard Sobel

Éléments de biographie

bsobel Bernard Sobel et le collectif de travail qu'il a constitué ont assuré depuis un peu plus de quarante ans environ, quelques quatre-vingt-dix mises en scène, dont plus d’une trentaine de créations en France, voire mondiales, puisant dans des répertoires très divers et révélant souvent des auteurs peu connus.
A cette activité s'ajoute la création en 1974 d’une revue bimestrielle d’analyse et de réflexion sur le théâtre, Théâtre/Public, revue trimestrielle de réflexion et de débat. Et la création avec la Ville de Gennevilliers de L’Université Populaire des Hauts-de-Seine « lieu d’imagination, de formation, d’apprentissage à l’exercice de la pensée critique », proposant des cours et de conférences ouverts à tous.
Par ailleurs, Bernard Sobel, dans le cadre du théâtre musical à Avignon a mis en scène Le Pavillon au bord de la rivière de Kuan Han Chin (musique de Betsy Jolas), Mario et le magicien d'après Thomas Mann (musique de Jean-Bernard Dartigolles), Va et vient et Pas moi (textes de Beckett, musique de Heinz Holliger - co-production IRCAM-Festival d'Avignon), et le Cyclope d'Euripide (opéra de Betsy Jolas). Il a en outre assuré la mise en scène du Porteur d'eau de Cherubini à l'Opéra-comique en 1980 et en 1992, celle de Il Prigioniero, opéra de Luigi Dallapiccola au Théâtre Musical de Paris (Châtelet), en 1993, Les excursions de Monsieur Broucek de L. Janacek, en 1994, L'Affaire Makropoulos de L. Janacek à l'Opéra du Rhin. En 2005, Le Couronnement de Poppée, sous la direction de William Christie à l'Opéra de Lyon.
Germaniste, il a participé à de nombreux travaux de traduction, notamment la version française de Hitler, un film d'Allemagne de Hans Jürgen Syberberg (scénario publié aux éditions Laffont-Seghers).
Bernard Sobel est aussi réalisateur à la télévision française. On lui doit un certain nombre de documentaires, sur le peintre et graveur Hogarth, sur Machiavel, sur le Musée du Havre et La Closerie des Lilas. Il a réalisé plusieurs dramatiques : Jeppe des collines de L. Holberg, Le Candidat de Flaubert, Marie d'Isaac Babel ainsi que Mourir pour Copernic et Un ennemi du Peuple sur des scénarios écrits par des membres de son collectif au Théâtre de Gennevilliers. Il a effectué pour la télévision l'enregistrement de plusieurs spectacles, dont l'opéra d'Alban Berg Lulu présenté à l'Opéra de Paris, le Mephisto et L'Indiade d'Ariane Mnouchkine, Peer Gynt et Lucio Silla mis en scène par Patrice Chéreau et pour la télévision allemande, celui de Faust mis en scène par Klaus-Michael Grüber, et le Wozzeck d'Alban Berg, mise en scène de Patrice Chéreau au Théâtre Musical de Paris en 1994. Il a également tourné Bérénice (Comédie Française) mis en scène par Klaus-Michael Grüber et pour la télévision française L'Ecole des Femmes (1985), Nathan le Sage (1987), Hécube (1988), L'Orestie (1989), Les Tu et Toi ou la parfaite égalité (1989) et La Bonne Ame du Setchouan (1990). En 1996, il a réalisé Citizen Mann, portrait de Thomas Mann, dans le cadre de la série "Un siècle d'écrivains" pour France 3.

Les mises en scène de Bernard Sobel

1964    Tanker Nebraska de Herb Tank (création en France)
Antigone de Brecht
1965    La Farce du poulier (anonyme)
1966    La Farce de Maître Pathelin (anonyme)
Cœur ardent d’Alexandre Ostrovski (création en France)
Ruzzante revient de guerre de Beolco
Vietnam une résistance héréditaire (montage)
L'Exception et la règle de B. Brecht
1967    Jeppe de la montagne de Ludwig Holberg
Enquête pour un fait divers de Claude Prin (création en France)
Première de cavalerie de Vichnevsky (création en France)
1968    Du millet pour la VIIIème armée de Loo Ding, Chang Fan, Shu Nan (création en
France)
1969    L'Opéra du gueux de John Gay
1970    Philoctète de Heiner Müller (création en France)
California Story de Hanns Eisler et Ernst Ottwald (création en France)
Homme pour homme de Brecht
1971    Le Candidat de G. Flaubert (création en France)
Timon d'Athènes de Shakespeare
1972    Madame Legros de Heinrich Mann (création en France)
1973    Têtes rondes et têtes pointues de Brecht (création en France)
Dom Juan de Molière
1974    La Tempête de Shakespeare
Le Précepteur de Lenz
1975    Marie d'Isaac Babel (création en France)
Le Pavillon au bord de la rivière de Kuan Han Chin, musique : Betsy Jolas, direction
musicale : Jean Leber (création en France)
1976    Le Juif de Malte de Christopher Marlowe (création en France)
1977    Les Paysans d'après Balzac (création en France)
Timon d'Athènes de Shakespeare (en allemand au Théâtre de Zurich)
1978    Maximilien Robespierre de Bernard Chartreux et Jean Jourdheuil (création en France)
Dom Juan et Tartuffe de Molière (en allemand au Théâtre de Bâle)
1979    Mario et le Magicien d'après Thomas Mann, musique : Jean-Bernard Dartigolles,
direction musicale : Annick Minck (création en France)
1980    Le Porteur d'eau ou les deux journées, opéra de L. Cherubini (Opéra de Paris, salle
Favart), direction musicale : Pierre Dervaux
Va et Vient et Pas Moi de Samuel Beckett, musique H. Holliger (Festival d'Avignon –
IRCAM) (création en France)
1981    Edouard II de Christopher Marlowe
La Chute de l'égoïste Johann Fatzer de B. Brecht (création en France)
1982    L'Eléphant d'or d'Alexandre Kopkov (création en France)
1983    Coriolan de Shakespeare
Marie Stuart de Schiller (en collaboration avec la Comédie-Française)
1984    La Cruche cassée de Kleist
Philoctète d'Heiner Müller
Entre chien et loup ou La Véritable Histoire d'Ah Q de Christoph Hein (création en
France)
1985    L'Ecole des femmes de Molière
Nathan le Sage de Lessing (en allemand, à Berlin)
1986    Le Cyclope d'Euripide, opéra de Betsy Jolas (présenté au Festival d'Avignon et au
Théâtre National de Chaillot)
La Ville de Paul Claudel (joué au Théâtre des Amandiers de Nanterre)
La Charrue et les Etoiles de S. O'Casey
1987    Nathan le Sage de Lessing (création en France)
Le roi Lear de Shakespeare (en allemand, au Théâtre de Zurich)
1988    Hécube d'Euripide
Les Amis font le philosophe de Lenz (création mondiale)
1989    La Forêt d'Ostrovski
Les Tu et Toi ou la parfaite égalité de Dorvigny
1990    La Bonne Ame du Setchouan de Brecht
Tartuffe de Molière
1991    Vie de la révolutionnaire Pélagie Vlassova de Tver, Brecht/Gorki
1992    Il Prigioniero, opéra de Luigi Dallapiccola, direction musicale : Esa-Pekka Salonen
(joué au Théâtre Musical de Paris-Châtelet)
Vie et Mort du Roi Jean de Shakespeare
1993    Marie d'Isaac Babel
Cache-cache avec la mort de Mikhaïl Volokhov (création mondiale)
Threepenny Lear de Shakespeare
1994    Les Géants de la montagne de Luigi Pirandello
Les excursions de Monsieur Broucek et L'Affaire Makropoulos de Janacek (à
l'Opéra du Rhin, Strasbourg et Théâtre Sao Carlos, Lisbonne)
1995    Cœur ardent d’Alexandre Ostrovski
1996    Napoléon ou les Cent-Jours de C.D. Grabbe
1997    Zakat d'Isaac Babel (création en France)
Des Perles aux cochons (Pearls for Pigs) de Richard Foreman (création en France)
Les Nègres de Jean Genet
1998    La Tragédie optimiste de Vsevolod Vichnevsky
1999    La Fameuse tragédie du riche Juif de Malte de Christopher Marlowe
Couvre-feu de Roney Brett (création mondiale)
2000    Manque (Crave) de Sarah Kane et Bad Boy Nietzsche (création en France) de
Richard Foreman
Le Mandat de Nikolaï Erdman (création en France)
2001    L'Otage de Paul Claudel
Ubu roi d'Alfred Jarry
2002    Le Pain dur de Paul Claudel
En attendant Godot de Samuel Beckett
2003    Innocents coupables d’Alexandre Ostrovski (création en France)
Et qui pourrait tout raconter ? (Le Seigneur Guan va au banquet (création en France)
de Guan Hanqing et Les Sept contre Thèbes d’Eschyle)
2004    Un Homme est un homme de Bertolt Brecht. Festival d'Avignon Reprise à Gennevilliers puis en tournée à Bourges, Lille, Rennes, Amiens
2005    Troilus et Cressida de Shakespeare
2006        Don, mécènes et adorateurs d'Alexandre Ostrovski. Traduction André Markowicz
2007     Le mendiant ou la mort de Zand d’Olecha

Les films réalisés pour la télévision par Bernard Sobel
(sous le nom de Bernard Rothstein)

1971    L'Opéra de quat'sous ; Le Musée du Havre (série : Vivre aujourd'hui les musées)
1972    Le Prince de Machiavel (série : Les cent livres)
Ivan Illitch (série : Un certain regard)
Bertrand de Jouvenel ; Amagerdon ; Hogarth ; Le Compagnon (Réalité-Fiction :
Patrice Chéreau)
1973    La Closerie des Lilas
Jeppe des collines de Ludwig Holberg
Têtes rondes et têtes pointues, de Bertolt Brecht
1974    Le Candidat, de Gustave Flaubert (inédit)
1975    Le Précepteur, de Jacob Lenz
Le Pavillon au bord de la rivière, de Kuan Han Chin
Moi, Giordano Bruno le Nolain ou Mourir pour Copernic (série : Les chemins de la
découverte), scénario : Michèle Davis, François Rey, Bernard Rothstein
1976    Le Baladin du monde occidental, de Synge, mise en scène Brigitte Jaques
La Foi, l'espérance et la charité, d'Odön von Horvath, mise en scène Yvon Davis
1978    Un Ennemi du peuple ou Le bonheur que nous vous proposions, scénario Michèle
Raoul-Davis
1979    Lulu, opéra d'Alban Berg d'après Wedekind, mise en scène Patrice Chéreau
1980    Marie, d'Isaac Babel
Méphisto, d'après le roman de Klaus Mann, adaptation et mise en scène Ariane
Mnouchkine
1981    Edouard II, de Christopher Marlowe
Peer Gynt, d'Ibsen, mise en scène Patrice Chéreau
1982    L'Eléphant d'or, d'Alexandre Kopkov
Faust, de Goethe, mise en scène Klaus-Michael Grüber (tourné pour la ZDF)
1984    Lucio Silla, opéra de Mozart, mise en scène Patrice Chéreau
1985    L'Ecole des femmes, de Molière
1986    Bérénice, de Racine, mise en scène Klaus-Michael Grüber
1987    Nathan le Sage, de G.E. Lessing
1988    L'Indiade, d’Hélène Cixous, mise en scène Ariane Mnouchkine
Hécube d'Euripide
1989    L'Orestie d'Eschyle
Les Tu et Toi ou la parfaite égalité de Dorvigny
1990    La Bonne âme du Setchouan, de Bertolt Brecht
1994    Wozzeck de A. Berg, mise en scène Patrice Chéreau pour la télévision bavaroise
1996    Citizen Mann, France 3 (série Un Siècle d'écrivains), scénario Michèle Raoul-Davis

L'Outil de travail

Un théâtre « malléable »

L’Ensemble Théâtral de Gennevilliers est implanté dès ses débuts dans la Salle des Grésillons, construite en 1934. Salle des fêtes à emploi multiple, d’une capacité d’environ 1500 places, elle est alors conçue pour accueillir diverses manifestations, telles que meetings, matchs de catch ou de boxe, ou encore concerts et Noëls des Comités d’entreprise.
Dans un rapport adressé à la municipalité par l’Association des amis du théâtre, en novembre 1966, était déjà pointée du doigt l’inadéquation de cette salle avec l’activité théâtrale de l’Ensemble. Mais ce n’est qu’en 1976, dans le cadre d’un plan de rénovation du quartier, que la municipalité autorise le réaménagement de la salle des Grésillons.

Le projet, confié à l’architecte Claude Vasconi, englobe dans ses grandes lignes la création d’une nouvelle salle de 180 places, aujourd’hui baptisée Salle Philippe Clévenot, installée dans le prolongement de la salle existante, de 350 places, réhabilitée et aujourd’hui baptisée Salle Maria Casarès. L’aménagement scénographique, confié à Noël Napo, est dominé par la création d’une cage de scène, dont la hauteur dépasse 20 mètres. Cet élément central entre les deux salles a été conçu pour une utilisation en scène bi-frontale ou en scènes indépendantes pour chacune des salles. Ce volume tripartite (salle 1 - scènes - salle 2) et les utilisations envisagées nécessitèrent une double paroi isophonique (rideau pare-flammes et cloison), haute de 8,40 m. et offrant une épaisseur de 16 centimètres : mise en place à la façon d’un mur mobile, elle permet ainsi d’isoler les deux espaces.
L’idée forte de la conception globale du nouveau Centre Dramatique National a donc été d’articuler deux salles de part et d’autre d’un lieu scénique central. La fonction de ce dispositif permet une très grande liberté dans l’utilisation de l’espace théâtral. Toutes les formes de rapport entre la scène et les spectacles sont réalisables, et ce « théâtre malléable » devient le lieu de toutes les expérimentations artistiques.

Le Théâtre de Gennevilliers a été inauguré dans cette nouvelle configuration le 11 octobre 1986.
 

 

Valérie Mréjen

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AZIYADÉ B.
SPECTATEURS 2012

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