Argument - Pascal Rambert

GENNEVILLIERS

Pascal Rambert

Argument

  

22 JAN - 13 FÉV 2016

[22, 23, 26, 27, 28, 29, 30 janv. / 3, 5, 6, 10, 12, 13 févr. à 20h30] bus
[2, 4, 9, 11 févr. à 19h30]
[24 janv. à 16h30]
[31 janv. / 7 févr. à 15h00]

Du 02/02/2016 19:30
Au 31/01/2016 15:00
(cliquez sur une date pour réserver en ligne)

Jusqu'au 30 janvier, vous pouvez assister à De mes propres mains en première partie de soirée.

durée : 2h

Et au +33 1 41 32 26 26

TARIFS

Tarifs : de 7 à 24€
Le Pass ou la Carte : vos places librement à partir de 9€

L’auteur et metteur en scène français Pascal Rambert propose une création : Argument, pièce qui nous renvoie à l’histoire de la Commune, au travers d’une scène de ménage tragique et magique où les convictions conservatrices s’opposent aux forces révolutionnaires, sur fond imaginaire de toile de Jouy. 

À PROPOS

Année 1871, la Commune organisait l’insurrection contre le gouvernement issu de l’Assemblée nationale qui venait d'être élue au suffrage universel  et ébaucha pour Paris une sorte d’autogestion. Sur ce fond historique et à Javille, un bourg imaginaire de Normandie, l’auteur Pascal Rambert écrit l’histoire de Louis, figure du patriarche conservateur, d’Annabelle, son épouse atteinte sans doute d’une angine de poitrine et de leur fils Ignace. Dans cette scène de ménage violente et ordinaire où, morte, la femme sort du tombeau pour prendre la parole et où l’enfant s’en remet à la lune, les tensions sont exacerbées. Il s’agit d’une sombre histoire de jalousie déclenchée par un médaillon suspect aux yeux du mari. Quant à Ignace, il se pourrait bien qu’il se mette à voler au-dessus de la lande avant de hululer tel un oiseau nocturne. L’auteur a écrit cette pièce sur mesure pour les deux interprètes principaux : Marie-Sophie Ferdane et Laurent Poitrenaux, se laissant guider par leur personnalité. 

GÉNÉRIQUE

Texte, mise en scène Pascal Rambert
Avec Marie-Sophie Ferdane, Laurent Poitrenaux, 
et en alternance, Anas Abidar et Nathan Aznar
Avec la voix de Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française

Scénographie Daniel Jeanneteau
Lumière Yves Godin
Musique Alexandre Meyer
Costumes Anaïs Romand
Maquillage, coiffure Laure Talazac

Assistant à la mise en scène Thomas Bouvet
Directrice de production Pauline Roussille
Production déléguée T2G-Théâtre de Gennevilliers centre dramatique national de création contemporaine.
Coproduction CDN Orléans/Loiret/Centre, La Comédie de Reims
Remerciement Madame Savéria Coste pour " Garancia"
Le texte est édité aux éditions Les Solitaires intempestifs

ENTRETIEN

Qu’est-ce qui est à l’origine de l’écriture d’Argument auquel vous pensez depuis 2 ans ?
Pascal Rambert : Pour des raisons qui ne m’ont pas été données, la base ce sont les corps : la bouche de Marie Sophie Ferdane et la façon de bouger de Laurent Poitrenaux. Leurs corps m’ont envoyé des messages ; m'ont renvoyé à une autre époque : en 1871. Aux préraphaélites anglais, par exemple, près du peintre et poète Dante Gabriel Rossetti et l'histoire avec son épouse et muse, l'artiste Elisabeth Siddal, modèle pour tous les peintres de cette époque. Elle en est morte d'ailleurs. A sa mort, il a enterré ses poèmes dans sa tombe puis, à court d'argent il les a déterrés pour les publier. C’est l’époque aussi de Mallarmé que j’aime beaucoup. D'une certaine invention de la langue.

C’est la France de la Restauration, de la Commune. Ce n’est pas dans vos habitudes.

Pascal Rambert : Oui, c’est un monde que je connais peu et que je n’avais jamais abordé dans mes pièces contemporaines. Mais, c’est une France qui me plaît et m'effraie : cette France étouffante, aux appartements avec de grosses tentures, sous la lumière au gaz, où des vies se fanent - qui me repousse quant à ses valeurs conservatrices. J'ai surtout un goût pour le 19ème siècle et ce court moment que fut la Commune. À la Goutte d’Or je passe souvent devant la plaque dédiée à Louise Michel. Cela me ramène régulièrement à cette époque qui m’interroge, me charme.

Pourtant vos trois personnages n’ont rien de très charmant, ce couple qui se déchire jusqu’à la mort avec ce pauvre Ignace, l’enfant ballotté.

Pascal Rambert : Je ne fais évidemment pas ici une pièce historique. Le couple, comme beaucoup a quitté Paris pour la province au début de la Commune, lui, Louis, avec des convictions de bourgeois réactionnaire, un chef de famille avec des valeurs. Elle, Annabelle, plus rebelle, lit, écrit : ce qui fait peur aux hommes. Quant à l’enfant, il me touche. Il est l’expression de la façon dont les enfants sont manipulés, dirigés par nos propres affects. Qu’est-ce que l’on inscrit dans la chair de nos enfants ? J’ai eu la chance d’avoir une enfance sans problème. Mais si le manque d'amour est une torture parfois l'inverse tue plus sûrement.

Alors Ignace s'envole et Annabelle sort de la tombe pour prendre la parole.

Pascal Rambert : Oui, Ignace, il ne sait que faire devant l'affrontement dur et violent de ses parents. On le voit souvent dans la vie : les enfants au milieu d’une querelle ne savent pas comment réagir mais, en silence, ils enregistrent tout. Alors oui, Ignace s'envole et Annabelle sort de sa tombe, après avoir été victime des paroles et des coups de la jalousie de son époux qui se déchaîne parce qu'il a trouvé un médaillon. Le théâtre permet de faire ce que rien d'autre ne permet : faire voler un enfant, ressusciter une femme. Et toute ma vie, je ferai revivre sans doute ces femmes mortes pour qu’elles parlent. Je donnerai si possible et le mieux possible une forme à ce désir fou qui nous habite : vivre toujours, ne jamais mourir. Le théâtre l’autorise. Donner aussi une forme au désir cannibale de l'espèce humaine. Clôture de l’amour était la forme visible d'une rupture à travers le langage. Répétition l'explosion à fragmentation d'un groupe. Argument ce sont les flèches empoisonnées, silencieuses, que adultes, nous enfonçons dans le corps de nos enfants. Nous nous entre-dévorons.

Vous avez la foi ?

Pascal Rambert : Non. Mais la présence insupportable de la religion en ce moment m'oblige à y réfléchir. Mais ce sera plus présent dans ma prochaine pièce Actrice que j'écris pour les acteurs russes du Théâtre d'Art de Moscou. Ceci dit " la foi " est un vrai sujet.
C’est lié aux années qui passent ?

Pascal Rambert : Ce que je ressens aujourd’hui est un moment déceptif, un retour à une forme de restauration, malheureusement. Dans ma génération, on défendait des idées révolutionnaires, assez belles, on défendait l’avortement, le droit d'aimer qui on voulait, on n’était pas obligé d’être attaché à un territoire. Il y avait une sorte d'énergie humaniste. Aujourd'hui quelque chose s’est retourné que je ressens avec beaucoup de chagrin. Quelque chose s'est fermé. Les êtres se sont fermés.
J’ai mis fin à mes délices de jeunesse liés à la recherche romantique de la mort. J'ai des centaines de projets partout dans le monde. Par exemple avec l'auteur et metteur en scène Japonais Oriza Hirata on s'est juré qu’on ferait ensemble un projet en 2042, quand on aura 80 ans. Je n’ai pas vu le temps passer. Des jeunes gens me parlent de mes mises en scènes, de mes textes, les montent et moi je ne m’attendais pas à mourir et tout à coup, j'ai 50 ans. Et ça me plaît de vieillir. Écrire à l’imparfait, c’est le bonheur.

Propos recueillis par M.-C.V. pour le T2G – Théâtre de Gennevilliers, 2014.

Photo © Marc Domage.


 

 VOYAGE DES ŒUVRES #3


Tout le voyage des œuvres

 

AVANT / APRES

[27 janv. à 15h] Rencontre à l’École des Beaux-Arts de Paris avec Anaïs Romand, créatrice des costumes Argument.
Entrée libre

[29 janv. après la représentation] Le direct du Radio Lab
Entrée libre

[4 fév. après la représentation] Rencontre avec les comédiens du spectacle. Entrée libre

[6 fév. de 13h à 19h] Participez ou assistez à une lecture en continu de textes de Pascal Rambert Entrée libre.

[9 fév.] Soirée spéciale Gennevillois. Tarif exceptionnel à 4€ pour les gennevillois.

[13 fév. à 18h] Rencontre philo 3/4 avec Mladen Dolar
Entrée libre sur Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

ON EN PARLE

L'alchimie du verbe

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GenMag - Nora Kajjiou

La République du Centre - Matthieu Perrinaud

La République du Centre - Matthieu Perrinaud

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