Revue Incise

Qu’est-ce qu’un lieu ? La question vaut pour un théâtre, pour une école, pour un jardin d’enfants, pour un État, pour l’Europe. C’est la question continue de Revue Incise, revue annuelle de théâtre et pensée critique.

incise3

Revue Incise a été créée en 2014 à l’initiative de Daniel Jeanneteau et de Juliette Wagman au Studio-Théâtre de Vitry, sous l’égide de Diane Scott. Trois numéros y ont vu le jour qui ont fait circuler dans le monde du théâtre des travaux d’autres champs, des textes théoriques inédits en France et une manière d’intensifier l’esprit critique, qui est le fil rouge de notre incise.
Poursuivre le travail de Revue Incise au Théâtre de Gennevilliers c’est se demander comment résonne dans ce nouvel endroit notre question « Qu’est-ce qu’un lieu ? ». C’est-à-dire continuer à faire jouer notre vis-à-vis critique depuis la culture et à son adresse. C’est aussi continuer la mise en tension des discours et des théories du théâtre et de la culture, notamment par un important travail de traduction, dans un souci de circulation tonique de la pensée. No borders autant qu’on y arrive. C’est enfin continuer de solliciter des auteurs dont l’autorité tient à leur écriture et à leur acuité intellectuelle et dont les objets sont intempestifs. C’est vouloir une revue qui propose chaque année une composition hétérogène et dense de textes qui n’auraient pas pu être écrits ailleurs par d’autres à d’autres moments. Manière de penser notre incise aujourd’hui et dans le temps.

direction Daniel Jeanneteau
rédaction en chef Diane Scott
diffusion, relation libraires Delphine Lavergne
correction Guillaume Rannou

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Aubervilliers Théâtre de La Commune
Bagnolet Théâtre L’Echangeur
Besançon Les Sandales d’Empédocle
Béziers La Bouquinerie L’Air de Rien, Sortie Ouest
Bordeaux Mollat
Calais Le Channel, Scène nationale
Gennevilliers T2G, Centre dramatique national
Caen Comédie de Caen, Hérouville-Saint-Clair
Lille Le bateau livre Théâtre du Nord, Centre dramatique national, Dialogues Théâtre
Lyon Le bal des ardents, Le plaisir du Texte, Passages, Le Théâtre National populaire - Villeurbanne
Marseille L’odeur du temps, L’histoire de l’œil
Montpellier Sauramps, Le HTH Centre dramatique national
Montreuil-sous-Bois Café-librairie Michèle Firk
Nancy L’autre rive
Nanterre Librairie Nanterre-Amandiers, Centre dramatique national
Nantes Durance
Nice La briqueterie
Nogent-sur-Marne La Scène Watteau
Paris (par arrondissement)
La librairie du Centre culturel suisse, Librairie Michèle Ignazi, Les Mots à la bouche, Les Cahiers de Colette, la librairie du Théâtre de la Ville, Compagnie, Palimpseste, Le Coupe Papier, Tschann Librairie, L’Écume des pages, Librairie du Rond-Point, Libralire, La librairie du 104 / Le Merle Moqueur, L’Atelier, Equipages, la librairie du Théâtre de La Colline
Reims Comédie de Reims
Rennes Librairie Le Failler, Le Théâtre National de Bretagne
Saint-Denis Folies d’encre, Le Théâtre Gérard Philippe, Centre dramatique national
Saint-Etienne Lune et l’autre, La Comédie de Saint-Etienne
Strasbourg Quai des Brumes,Le Théâtre National de Strasbourg
Toulouse Oh les beaux jours, Ombres blanches, Le Théâtre National de Toulouse
Tours Le Livre
Villeneuve lez Avignon La librairie de la Chartreuse
Vitry-sur-Seine Tome 47, Le Studio-Théâtre de Vitry

New York La librairie Albertine

Revue Incise 3.

ÉDITO

(…) Nous reviendrons foule sans nombre,
Nous viendrons par tous les chemins,
Spectres vengeurs sortant de l’ombre,
Nous viendrons nous serrant les mains.

La mort portera la bannière;
Le drapeau noir crêpe de sang;
Et pourpre fleurira la terre,
Libre sous le ciel flamboyant.
Louise Michel - Chanson des prisons, mai 1871


Mobilisations sociales à peine suspendues par l’été, montée qu’on dirait sans limite de la xénophobie en France, crise historique du droit d’asile en Europe : notre entrée dans le théâtre et le monde par la question « Qu’est-ce qu’un lieu ? » résonne beaucoup cette année, même un peu trop.
Par rapport à « l’actualité », l’espace d’une revue est un lieu particulier : il permet qu’elle se fasse histoire. Non pas monument, mais écart et pensée. Ce numéro 3 s’y emploie. Et, par chance, l’histoire s’excède ici en poèmes, aussi.
Construire des lieux communs pour l’esprit, lire nos objets de l’art, penser notre manière même de lire, et puis écrire: New York, les années 1980, la culture elle-même… Ce numéro 3 creuse son incise, engagée, ouverte.
Diane Scott

SOMMAIRE

À quoi bon encore l’université ? un texte d’humeur Antonia Birnbaum

Les vagabondes Alain Béhar

Faire des listes —théâtre et histoire Diane Scott

L’art latino-américain n’existe (toujours) pas Annabela Tournon

+
États-Unis versus Amérique latine
Marta Traba, traduit par Annabela Tournon

+
À la recherche du signe perdu
Marta Traba, traduit par Annabela Tournon

La méthode sans maître, ou comment cuisiner les abstractions Florent Lahache

+
Trianguler Brecht
Fredric Jameson, 3e chapitre de Brecht and Method, traduit par Florent Lahache

Poésie classe moyenne Gilles Amalvi

Au haut du vieil hôtel Joseph Mitchell, traduit par François Tizon

+ un petit cahier de jeux disséminé

 

Revue Incise 2.

ÉDITO

(…) Voici le numéro 2 de Revue Incise. Notre parti pris d’être une revue de théâtre tout en ne l’étant pas partait d’un constat sévère : il était devenu difficile de travailler dans le théâtre et notamment, pour y réfléchir librement, il fallait faire un pas hors de lui. Cette manière d’ouvrir des chemins de côté a d’abord été un acte de survie, qui a déterminé le second parti pris : n’avoir ni rubricage ni thèmes par numéro, mais plutôt des thématiques locales en filigrane et une question générique circulant d’un texte à l’autre, d’un numéro à l’autre, métaphorique de la politique : « qu’est-ce qu’un lieu ? » Ce dessin général donne aux sommaires de la revue des formes de porosité et un petit défi de composition qui nous plaît et qui satisfait une envie de mise à plat et une certaine idée de la lecture. La troisième caractéristique de Revue Incise est son mode de travail, fondé sur la commande de textes et sur une attention à leur élaboration. Moyennant quoi notre rythme est lent : Revue Incise est un peu comme une série qui n’aurait qu’un épisode par saison. C’est une manière d’être ajustées à notre « quatrième » : nous tenons (à) la gageure de proposer des textes écrits hors de toute autorisation sociale à le faire. Ce petit volume est une revue critique, savante dans certains cas, non universitaire, animée du désir d’un lien fort entre pratique et théorie, dans une relative indifférence au principe de l’expertise, a fortiori aux arguments d’autorité, et dans le goût du travail intellectuel et littéraire. Cela définit, en fait, une zone assez serrée, voire un point limite. Mais c’est un promontoire qui porte une utopie : il en va d’un désir politique – que chacun puisse avoir le temps, à tout âge et quel que soit son emploi, de ce travail de l’esprit, écriture et lecture. Au moment où les frontières européennes continuent d’assassiner, au moment où des politiques dites publiques continuent d’affamer, notre question programmatique, « qu’est-ce qu’un lieu ? », semble ne plus pouvoir résonner que de manière sarcastique. Le tout dans un contexte général où la notion historiquement récente de nation et son signifiant actuel obsédant d’identité poursuivent leurs ravages, même dans les lieux qui en pâtissent le plus – pensons aux défenses et fixations essentialistes de certains mouvements de femmes et de « racisés ». Sans nier les vertus stratégiques de l’affirmation des identités dans les luttes – nous sommes gays, noirs et arabes –, le seul horizon viable ne saurait être que la rupture du lien pathogène qui nous attache collectivement à « l’identité ». Contre ses dérives et ce que nous tenons pour de fausses issues, nous nous orientons à la notion souveraine de « conscience paria » pensée par Hannah Arendt, qui situe du côté d’un hors-champ et d’un en-dessous de la norme la possibilité non seulement d’une authentique pensée critique mais d’une véritable boussole politique. L’historien allemand Ernst Kantorowicz, patriote pendant la Première Guerre mondiale, fervent nationaliste puis soutien au régime hitlérien, récusa plus tard la politique de répression maccarthyste contre les communistes américains et démissionna de l’Université de Berkeley, quand il fut lui-même, réfugié aux États-Unis, un juif exilé fuyant le nazisme. Cette figure politique salutaire du « paria », incarnée par les intellectuels juifs de la Mitteleuropa, eut ses atroces conditions historiques, mais elle peut être aussi une position subjective délibérée. Elle porte, en somme, l’idéal de notre lieu : «sensibilité extraordinaire aux injustices, grande absence de préjugés, respect pour ce qui relève de l’esprit ».
Diane Scott

SOMMAIRE

Enfermement identitaire et soumission de la culture / l’exemple de la Bretagne Françoise Morvan

Dans le bras d’eau Joseph Mitchell, traduit par François Tizon

+
Mitchell s’interrompant
François Tizon

Ramdam (1997-2014)
retour sur un lieu Mary Chebbah
+
Choisir une demeure(s)
Renaud Golo

De l’hygiène des bacs à sable Catherine Rannou

Hypérion, lettre à Marie-José Malis Diane Scott

La multiplicité éparpillée qui s’appelle « Brecht» Florent Lahache

+
Monades chronologiques
Fredric Jameson, 2e chapitre de Brecht and Method, traduit par Florent Lahache

Par les passés Joseph Mitchell, traduit par François Tizon

Quand le théâtre se met aux séries Caroline Châtelet

« Les choses, il faut les faire » Élise Garraud

Art et non-art Diedrich Diederichsen, traduit par Julia Christ

Revue Incise 1.

SOMMAIRE

Ouvrir une revue Diane Scott

Couleurs locales, les nouvelles ambiguïtés Caroline Châtelet et Élise Garraud

Street Life Joseph Mitchell, traduit par François Tizon
+
Une ville à la mer
François Tizon

Paroles gelées ou le soulagement Diane Scott

Essais d’occupation Alexandre Friederich

Mars à Vincennes, Jessica au Groenland Kristina Lowis

L’art de penser dans la tête des autres Florent Lahache
+
Nützliches
Fredric Jameson, traduit par Florent Lahache

S’adresser à tous Diane Scott

J’ai un problème avec les jeux vidéo Anna Anthropy, pages traduites par Arkady Filin

On ne parle pas d’argent à table Juliette Wagman