Five Days in March
17.11 — 22.11.2008
Écrit et mis en scène par Toshiki Okada

Durée : 1:20 Version japonaise (sur-titrée en français)
Distribution (en cours) : Ruchino Yamazaki, Taichi Yamagata, Hiromasa Shimonishi, Kohei Matsueda, Tomomitsu Adachi, Riki Takeda
Production : Compagnie chelfitsch – Toshiki Okada - Créé en 2004
Coréalisation : théâtre2gennevilliers Festival d’Automne à Paris

Le 19 mars 2003, l’armée américaine commence à bombarder l’Irak. Five Days in March raconte comment plusieurs jeunes couples ont vécu cinq jours de ce mois particulier. La quasi-insignifiance de leurs actions quotidiennes telles qu’elles sont « évoquées » plutôt que « jouées » soulève inévitablement la question de l’engagement. Ces jeunes semblent ne pas se sentir concernés par cette guerre, et paraissent ne s’intéresser qu’aux choses futiles, au sexe.

Toshiki Okada livre avec Five Days in March une pièce où les personnages racontent ce qu’ils font plus qu’ils ne le jouent, une pièce où rien n’arrive précisément et où tout l’enjeu est d’explorer l’expression au présent. Usant d’un langage hyperréaliste et de mouvements de scène quasi-chorégraphiés, Toshiki Okada restitue de manière presque gestuelle la façon d’être et de dire de la jeunesse japonaise. Tous les éléments qui permettent de juger comment un acteur joue son rôle ou de retrouver dans chaque réplique la voix d’un personnage sont pulvérisés au profit d’une superposition extrême entre la guerre qui se joue à un point du globe et les préoccupations insignifiantes de jeunes couples à un autre point.

« Une des choses qui m’a conduit à écrire ces textes pleins de répliques désarticulées qui semblent ne jamais arriver là où elles veulent en venir provient clairement d’une expérience que j’ai faite lors d’un travail à temps partiel de transcription d’entretiens. (…) Faire les transcriptions était fastidieux, et en même temps particulièrement intéressant car, à mesure, que vous transcrivez mot à mot, vous ne pouvez plus comprendre ce que les gens essaient de dire. Et pourtant, d’une certaine manière, à la fin de la conversation, cela commence à faire du sens et vous pouvez voir ce qu’ils tentaient de dire, bien que les mots eux-mêmes ne disaient rien de clair ou de construit. Ça a été très important pour moi de comprendre cela. » Toshiki Okada

Né en 1973, Toshiki Okada fonde en 1997 la compagnie « chelfitsch » dont le nom provient d’une prononciation enfantine déformée de l’anglais « selfish ». Utilisant un langage hyperréaliste, Okada crée des pièces aux mouvements lents et à l’aspect que l’on pourrait qualifier de « physiquement bruyant ». En 2005, Five Days in March a gagné le très prestigieux 49ème prix Kishida.


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  Comments (1)
1. A ne manquer sous aucun pretexte!
Written by pascal bély - "le tadorne", on 01-11-2008 10:37
Voilà ce que j'écrivais en mai 2007 après avoir vu "Five days in march" au KunstenFestivalDesArts: 
 
Le choc. Indescriptible. Magnifique. A voir, revoir, pour ne rien laisser passer de ces sept acteurs – danseurs. S’approcher d’eux pour ne plus les perdre de vue. Programmateurs de tous les pays, unissez-vous et faites tourner Toshiki Okada et sa création « Five Days in March ». Parce que nous avons tous besoin de l’art pour saisir le sens de plus petit geste, de la plus infime expression collective de l’humain. Ils sont sept jeunes Japonais à nous raconter leur manifestation contre la guerre en Irak en mars 2003, prétexte pour nous immerger dans leur vie sexuelle et affective. À chaque mot, à chaque phrase correspondent un signe, une posture, un mouvement du bras, un sautillement du pied. Avec Toshiki Okada, le corps parle et c’est loin d’être un jeu de mots. C’est un jeu humain qui vous prend par tous les sens et qui déplace votre regard sur cette jeunesse déboussolée. Elle met tout au même niveau, de la guerre en Irak à la drague la plus élémentaire. La force de cette œuvre c’est de ne jamais juger, mais de nous aider à comprendre, à les ressentir. Mais surtout, on se surprend à se regarder les observer, non comme des êtres curieux, mais comme nos contemporains d’un monde globalisé dont nous serions un maillon. La «chorégraphie théâtrale » de Toshiki Okada est un puissant regard sur la perte des anciennes idéologies structurantes au profit d’un pacifisme « émotionnel ».

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