EN SAVOIR PLUS - AU MONDE, D'UNE SEULE MAIN, LES MARCHANDS
de Joël Pommerat
du 19 janvier au 17 février 2008

en alternance, deux spectacles le dimanche
  
       
« Avec l’écriture je cherche à replacer le spectateur dans un temps précis, concret. Un temps qui puisse rassembler spectateurs et acteurs dans un lieu donné. Un temps capable de relier fortement des êtres les uns aux autres, par exemple : comme un groupe de personnes face à un danger commun. (...)

Il est évident que l’art du théâtre doit déborder du champ de la littérature la littérature a comme support la page, le théâtre, la scène les comédiens ne doivent pas être seulement des porteurs de texte, juste des porteurs de mots, des amplificateurs du verbe, des récitants inspirés ils doivent être eux mêmes le plus possible inclus dans le poème théâtral, et pourquoi pas devenir le poème lui-même pour moi les acteurs font partie du poème et de l’écriture, ils sont inclus dans le temps de l’écriture ça veut dire qu’ils sont indissociables de l’écriture, non pas en tant que co-auteurs du texte, mais en tant que « mot » même, en tant que « partie » du texte je rêve d’écrire un texte de théâtre incomplet voire incompréhensible sans les acteurs il manquerait au texte une part que seuls quelques acteurs au monde pourraient venir éclairer (...) »

Joël Pommerat

 Joël Pommerat est artiste associé à la Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie jusqu’en 2008.

La Compagnie Louis Brouillard est en résidence au Théâtre de Brétigny-sur-Orge depuis 1997 et au Théâtre des Bouffes du Nord depuis 2007 pour trois années. Le Petit Chaperon rouge, Au monde et Les marchands ont été présentées au Festival d’Avignon 2006. Les marchands ont été présentés à guichets fermés au Théâtre Paris-Villette à l’automne 2006. Je Tremble sera présenté au Théâtre des Bouffes du Nord en octobre 2007. Un ouvrage sur son travail Théâtres en Présence vient de paraître chez Actes Sud- Papiers–Collection Apprendre.

Production : Compagnie Louis Brouillard

Coproduction : Théâtre National de Strasbourg, Comédie de Caen Centre dramatique national de Normandie, Théâtre Paris-Villette, Espace Jules Verne / Brétigny-sur-Orge, La Ferme de Bel Ebat / Guyancourt, Thécif - Région Ile-de-France.

Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la communication (DRAC Ile-de-France), du Conseil Général de l’Essonne, de la Ville de Brétigny-sur-Orge, de la Ville de Paris et de l’ADAMI. Compagnie conventionnée (DRAC Ile-de-France / Ministère de la Culture, Conseil Général de l’Essonne, Ville de Brétigny-sur-Orge) et reçoit le soutien de la Ville de Paris, et du Conseil régional Ile-de-France.

    
AU MONDE
Dans un appartement, grand, luxueux, des hommes. Très vieux hommes, faibles et puissants à la fois. Hommes aux pouvoirs aussi considérables que flous. Hommes forts. Êtres, doux, fragiles, discrets (comme des dieux antiques, apaisés). Douceur de ce monde… Êtres dont la moindre (la plus infime) décision (intention) (le moindre geste) engendre de percutants effets… Ailleurs, souvent loin, sur le monde… Énorme disproportion… Comme si ce pouvoir, (cette puissance) révélait une autre dimension, un autre ordre que l’humain. Ordre Magique ! (de vrais dieux !) On les voit, faibles, frêles, presque séniles… Ils s’endorment sur leur chaise. Ils ne se rappellent plus très bien… Sont très bien habillés… Des femmes, de jeunes filles, petites-filles… (ou d’autres liens encore possibles avec ces hommes-là) sont là… bienveillantes, les veillant surtout, silencieusement admiratives… Et toujours, la puissance de ces hommes, vieux, ne se manifeste que par quelques petits signes, quelques mots, par ce qu’en disent les autres (les femmes) autour… Toujours, on ne perçoit qu’une infime partie de leurs entreprises (actions)… On n’a d’eux, que des impressions, des sensations… et toujours, seulement les répercussions sur le monde, autour, loin, très, très loin… (Dans ce lieu, cet appartement, le monde est essentiellement imaginé… mais on en parle, on y pense, on le suit, on le vit, on en jouit, quand même).

D’UNE SEULE MAIN

L’été, à l’ombre d’une maison paternelle, dans un temps qui pourrait être celui des vacances, les secrets d’une famille réunie croisent les secrets d’Etat. Et l’histoire intime est traversée par les tremblements de l’Histoire. Un vieil homme doit répondre d’accusations très graves portées contre lui. Justice ou injustice. Réalité ou imaginaire. Entouré d’un ministre, d’une conseillère en stratégie militaire, d’un responsable de parti politique, d’une avocate, d’un metteur en scène de théâtre, on dirait que la grande Histoire, au dehors, est en train de s’écrire avec les tremblements de l’intime sans qu’on ne puisse jamais repérer la main qui bat les cartes de la destinée.

LES MARCHANDS
Le 2 avril 2007 Joël Pommerat a reçu le 3e Grand Prix de littérature dramatique pour Les marchands publié chez Actes Sud-Papiers. Une femme raconte. Son mal de dos, les rêves de sa voisine et amie, l’usine locale menacée de disparition, les familles au bord de la catastrophe, la guerre possible. Une simple chronique de la misère ? L’histoire déborde vite, la volonté de neutralité de la narratrice, le paranormal infiltre le réel, l’action des individus contredit la parole collective. Sur un mode ironique et tragique, les artisans de cette fable théâtrale bâtissent une comédie noire.
 
     

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