EN SAVOIR PLUS - MEDEA
de Pascal Dusapin
du 15 au 29 mars 2008

  
    
« Cette nouvelle mise en scène affiche la dimension énigmatique et tragique du rôle, place la chanteuse devant le quatuor vocal, le choeur et l’orchestre, qui, ainsi placés et conformément à la partition de Pascal Dusapin, entrent en résonance avec ce long monologue. Dans un inhabituel rapport d’intimité avec le public, Médée déroule ses fragments de mémoire, solitaire et inquiétante figure trahie puis vengeresse, stupéfiante voix de colorature perdue dans les aigus extrêmes de la musique. La chanteuse est-elle celle qui nous dit l’histoire de Médée ? Est-elle Médée qui devant nous prépare son rituel ? La scène lui offre les éléments – les matériaux chers à Heiner Müller – pour composer ce rôle et nous le restituer dans sa saisissante violence.

Créée en mars 1992 au Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles, Medeamaterial est l’une des partitions majeures de Pascal Dusapin. Elle a fait, depuis, l’objet de plusieurs productions (à Bonn en 1999, à Nanterre en 2000, à Lausanne en 2002). Avec l’accord de Pascal Dusapin, nous avons choisi de la renommer Medea, de manière à rendre à sa véritable dimension un rôle qui compte parmi les plus fort de l’opéra récent. A l’origine, Medea a été composé pour être inscrit au même programme que le Didon et Enée de Purcell. Cette association éclaire sur le choix de l’effectif et sur sa durée, inhabituels pour un opéra contemporain. Medea convie en effet un orchestre à cordes, un choeur mixte, un quatuor vocal et, bien évidemment, le rôle principal et écrasant de Médée. Il se développe, dans un tempo général plutôt lent, sur une petite heure. Cette affinité baroque privilégie l’aspect méditatif et maintient la violence du propos dans un climat introverti. Médée est chez Pascal Dusapin un corps parcouru de spasmes rentrés, libérés par des salves sporadiques et fulgurantes, autour duquel le choeur résonne en écho. »

Antoine Gindt, 2005


 

     
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