LES VOIX BLANCHES (ÉCOUTES ET INSTALLATIONS SONORES)

DOMINIQUE PETITGAND

EN RÉSIDENCE AVEC LA GALERIE EDOUARD MANET
& GB AGENCY

Préfiguré la saison dernière, le partenariat entre le T2G et la Galerie Édouard-Manet prend cette année la forme d’une commande à l’artiste Dominique Petitgand. Avec un ensemble d’installations sonores pensées pour les espaces du théâtre ainsi qu’une carte blanche dans notre programme, les œuvres de Dominique Petitgand nous accompagneront tout au long de la saison 2018 – 2019.

 

Les voix blanches
installations sonores pour lieux de passage

Les voix blanches est une présence sonore qui occupe et trouble, tout au long de la saison, certains lieux de passage du théâtre, un ensemble de quatre  installations, pensées pour la cage d’escalier, la salle d’exposition, le salon et le couloir déambulatoire. Pour chaque lieu, une ligne de haut-parleurs,  discrètement fixés aux murs à différentes hauteurs, diffuse un pointillé de voix, une série de paroles, de phrases découpées et suspendues qui s’égrènent mot à mot, se déploient et fusent, faisant sonner l’architecture et les distances. Un pluriel de présences vocales, anonymes et subjectives, premières personnes du  singulier, éléments éparpillés d’une fiction éclatée, dont la surprise et  l’irrégularité des apparitions et des mouvements, s’affirment comme mesure,  ponctuation, humeur, hors-champ ou perturbation possibles des lieux et de la vie du théâtre.

Les heures creuses
installation sonore pour théâtre vide

Les heures creuses est une installation sonore pour théâtre vide qui se visite dans les brèches de la programmation. Elle s’adresse à un public solitaire et mobile, libre de circuler en journée dans tout l’espace du grand plateau pris dans son entier : les gradins, les allées, la scène et la verticalité béante des cintres. Cette installation temporaire joue sur notre émotion d’entrer dans une immense salle vide, habituellement peuplée et en représentation, pour nous  plonger dans notre quant-à-soi, un espace mental habité par des voix, des  silences instables, des apparitions sonores, perçues à proximité ou à grande  distance. Une intimité et une solitude dans une cavité enveloppante, pour une  machine résonante totale. Cette expérience inédite est le support d’un récit  ouvert, singulier et pluriel, d’une fiction possible, sans durée fixe et à l’humeur  changeante.
La sonnerie du soir 1 – 2 – 3 – 4

Un cycle de rendez-vous proposé par Dominique Petitgand à la Galerie Édouard-Manet et au T2G – Théâtre de Gennevilliers

10 octobre – 19h à Emba | Galerie Edouard Manet
1er décembre – 16h30 au T2G
9 février – 16h30 au T2G
6 juin – 19h au T2G
gratuit

Documentation Eparpillée
à l’EMBA – Galerie Édouard Manet

En résidence de création à l’Emba I galerie Édouard-Manet, Dominique Petitgand présente une documentation éparpillée. Elle agit comme autant de contrepoints à son installation Les voix blanches au Théâtre de Gennevilliers. Disséminée dans différents lieux de l’école (hall d’entrée, palier du premier étage, bibliothèque, salle de conférence) elle rassemble différents éléments qui renseignent en creux sur son travail sonore ; éphéméras, archives audio et visuelles, catalogues, écrits sur l’écoute, pièces manquantes, tampons encreurs, et autres supports de la parole et de sa propagation. Cette documentation est amenée à s’enrichir au cours de l’année. Parallèlement, Dominique Petitgand interviendra dans le cadre d’un workshop auprès des élèves de la classe préparatoire aux écoles supérieures d’art.

En accès libre du 27 septembre 2018 au 16 juin 2019 aux jours et horaires d’ouverture de la galerie.

septembre 2018 – juin 2019
horaires d’ouverture du théâtre
Vernissage le jeudi 13 septembre à 18h
gratuit

 

Dominique Petitgand

Depuis 1992, Dominique Petitgand compose des œuvres où les voix, les bruits, les atmosphères musicales et les silences construisent, par le biais du montage, des micro- univers où l’ambiguïté subsiste en permanence entre un principe de réalité et une projection dans une fiction possible, hors contexte et atemporelle. Il définit ses œuvres comme des récits et paysages mentaux. Il inventorie de façon quasi obsessionnelle, et toujours emprunte de musicalité, des voix, des gestes, des humeurs, afin de prendre acte d’une parole, d’un état ou d’un manque. Un espace narratif où la répétition et le flottement des identités, des lieux et des structures temporelles évoquent le mouvement même de la construction (mais aussi de la défection) du langage, de la mémoire, de la pensée. À travers ses pièces sonores, il propose une histoire en creux, en devenir. L’utilisation exclusive du son le place sur un territoire singulier et mouvant qui concerne différentes disciplines artistiques : il diffuse ses œuvres au cours de séances d’écoute qui s’apparentent à des concerts dans l’obscurité ou à l’extérieur, sur disques mais aussi lors d’expositions, sous la forme d’installation sonore dans laquelle le dispositif de diffusion des sons, adapté aussi bien à la particularité de l’espace investi qu’au récit lui-même, propose une expérience plurielle et ouverte. Il a, depuis quelques années, introduit des principes de traduction dans ses œuvres qui, par le biais d’un montage entre son et texte (sous-titres vidéo), ou à travers l’introduction d’une voix de traduction, produisent de nouvelles mises à distance, commentaires et effets d’échos au sein de la narration.